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Les Sociétés
d'Exercice Libéral
* hors
biologie
Il s'agit d'une structure
nouvelle revêtant trois grandes caractéristiques :
- une société d'exercice
(elle exerce la médecine par l'intermédiaire de ses membres ; elle est
inscrite au tableau de l'Ordre) ;
- une société régie
majoritairement par le droit commercial, soumise à l'impôt sur les sociétés
et dans laquelle les associés sont rémunérés essentiellement par des
dividendes, qui permet encore l'apport de capitaux extérieurs (moins de 50
% pour les S.E.L.C.A., et limités à 25% pour les deux autres sociétés
d'exercice libéral)
- une société conservant
pour son objet civil qu'est l'exercice de la médecine, les caractères de la
profession libérale.
Trois formes de sociétés
sont possibles
- la S.E.L.A.R.L. (société d'exercice libéral à
responsabilité limitée). Cette société est gérée par un gérant, ou un
collège de gérance majoritaire
- la S.E.L.A.F.A. (S.E.L. à forme anonyme). Elle
reproduit les structures et le formalisme des sociétés commerciales anonymes
avec un conseil d'administration ou bien un directoire et un conseil de
surveillance.
- la S.E.L.C.A.. (société d'exercice libéral en
commandite par actions) dirigée par des associés commandités coexistant
avec des associés commanditaires.
Les particularitéss
essentielles
La S.E.L. est
pluridisciplinaire, des médecins de qualifications différentes peuvent y
être associés. Il n'y a pas de limitation ni dans le nombre des associés,
ni dans celui des qualifications médicales. La société peut donc avoir des
compétences multiples.
Les associés doivent tous
être dans la même situation à l'égard de la convention nationale,
c'est-à-dire qu'ils sont soit conventionnés, soit hors convention. S'ils
sont conventionnés, ils peuvent appartenir à des secteurs d'honoraires
différents. Le décret leur impose d'informer préalablement les patients de
leur secteur d'honoraires.
Comme toute société
commerciale , la S.E.L. permet la constitution de réserves et les bénéfices
distribués sont assortis d'un avoir fiscal.
La rétribution des
médecins qui travaillent dans la société se fait sous forme :
_ soit lorsque les
conditions sont réunies, de salaire assujetti aux charges sociales et
surtout à la taxe sur les salaires
_ soit de dividendes
correspondant à la distribution des bénéfices de la société non réinvestis
; chaque dividende bénéficie d'un avoir fiscal (au taux actuel de 33,33 %)
qui s'impute sur l'impôt sur le revenu payé par chaque associé.
Le cumul est possible.
L'imposition des bénéfices
sociaux au taux de 33,33%, la possibilité de laisser tout ou partie du
résultat pour l'autofinancement du cabinet et l'avoir fiscal attaché aux
dividendes sont les avantages essentiels des S.E.L.
La société est soumise aux
contraintes de la comptabilité commerciale et de la gestion de toute
société commerciale , avec intervention d'un expert-comptable et
éventuellement d'un commissaire aux comptes. L'exercice de la société ne
peut être clos qu'après la vérification des comptes (avril de l'année
suivante).
Les personnes physiques ou
morales sont autorisées à apporter des capitaux extérieurs. Toutefois le
décret du 3 août 1994 interdit toute participation, à toute personne
exerçant sous quelque forme que ce soit :
_ une autre profession
médicale ou une profession para- médicale ;
_ la profession de
pharmacien d'officine, de vétérinaire ou la fonction de directeur ou de
directeur-adjoint de laboratoire de biologie médicale ;
_ l'activité de
fournisseur, distributeur ou fabricant de matériel ayant un lien avec la
profession médicale et de produits pharmaceutiques ou celle de prestataire
de services dans le secteur de la médecine ;
_ les entreprises et
organismes d'assurance et de capitalisation, tous les organismes de
prévoyance, de retraite et de protection sociale obligatoires ou facultatifs.
Ceci a été édicté pour
renforcer l'indépendance professionnelle des associés. Seuls les associés
professionnels en exercice peuvent exercer les fonctions de dirigeants de
la société.
Le Conseil départemental
est chargé d'inscrire à son tableau les S.E.L. Il a un rôle non seulement
déontologique mais également juridique puisque les articles 4, 5, 6, 7, 8,
9 du chapitre Il du décret d'application lui confient le rôle de contrôleur
de la validité déontologique et de la légalité des S.E.L.
Innovation
par rapport aux sociétés existantes
1)
Fonctionnement de la Société d'Exercice Libéral
L'article 14 du chapitre
IV prévoit que l'activité d'une S.E.L. de médecins ne peut s'effectuer que
dans un lieu unique. Mais une dérogation lui permet d'exercer dans cinq lieux
au maximum lorsque :
- d'une part, elle utilise
des équipements implantés en des lieux différents,
- ou met en oeuvre des
techniques spécifiques,
- et que, d'autre part,
l'intérêt des malades le justifie.
Cette dérogation est
placée sous l'appréciation souveraine des Conseils départementaux.
2) l'article
3 permet non pas un mais en réalité quatre cas de dérogation à la règle posée dans cet
article, qui spécifie qu'un associé ne peut exercer la profession de
médecin qu'au sein d'une seule S.E.L et ne peut cumuler cette forme
d'exercice avec l'exercice à titre individuel ou au sein d'une S.C.P.
En effet, un associé
pourra s'exonérer de cette règle s'il montre que l'exercice de sa
profession est lié :
- à des techniques
médicales nécessitant un regroupement (ailleurs qu'au siège de la S.E.L.)
ou un travail d'équipe
- à l'acquisition
d'équipements ou de matériels : soumis à autorisation, ou qui justifient
des utilisations multiples.
Dès qu'un médecin pourra
prétendre se trouver dans l'un de ces cas, il pourra sortir de l'exercice
exclusif en S.E.L. et exercer ailleurs à titre individuel ou au sein d'une
S.C.P. . On peut même imaginer qu'un médecin réunisse les conditions de
plusieurs de ces cas.
On en arrive ainsi à
penser qu'à l'inverse des S.C.P. qui exigeaient un engagement complet de
travailler exclusivement au sein de l'équipe d'associés, le décret du 3
Août 1994 est venu permettre une sorte d'exercice en S.E.L. à titre
auxiliaire d'un autre mode d'exercice.
Il faut avoir conscience
qu'en cumulant ces deux types de dérogation les S.E.L. peuvent avoir
plusieurs cabinets secondaires désormais appelés lieux d'exercice : il
s'agit en fait de cabinets multidimensionnels qui peuvent se constituer.
Conseils aux médecins
désireux de s'engager dans une S.E.L.
Il existe des incidences
fiscales et comptables, avec le risque que le statut des associés d'une
S.E.L. soit considéré par l'Administration fiscale comme un statut de
salarié avec ses conséquences (charges sociales, taxe progressive sur les
salaires etc ... ) Par ailleurs la rémunération par dividende rémunère tous
les actionnaires qu'ils soient actifs ou non, en fonction de leur capital
social.
Les intérêts des emprunts
souscrits pour l'acquisition de parts sociales de S.E.L ne sont pas
déductibles. Au surplus, les règles jurisprudentielles sur les Sociétés
Commerciales appliquées à des S.E.L. de médecins peuvent présenter des
menaces pour l'indépendance professionnelle. Le Conseil de l'Ordre a
demandé, avec l'appui de la Délégation Interministérielle aux Professions
libérales , que soient mises à l'étude les mesures législatives et
réglementaires nécessaires pour permettre au professionnel libéral qui
exerce une activité professionnelle dans la société d'exercice libéral dont
il est par ailleurs associé, d'opter entre le régime du salariat ou un
régime spécifique n'impliquant pas de lien de subordination juridique.
Si les textes
nous donnaient ce choix, il est évident que l'intérêt des S.E.L. serait
beaucoup plus grand.
En effet, ces sociétés per
mettent des prises de participation croisées dans des cabinets utilisant un
plateau technique important. Elles permettent également d'harmoniser au
mieux le nombre des associés d'une structure à l'autre en fonction des
possibilités financières.
Elles permettent enfin de
constituer des réserves en vue d'un réinvestissement dans la société à un
taux d'imposition favorable.
Les S.E.L ne se prêtent
pas à tous les exercices. Elles peuvent être choisies pour des exercices
pluridisciplinaires ou des exercices monodisciplinaires avec un important
matériel technique.
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