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5.Le financement de l'exercice professionnel

L'achat du local professionnel ou à usage d'habitation s'inscrit dans l'ensemble des investissements financiers nécessités par une installation.

Quel que soit le type d'installation projetée par le médecin (création d'un cabinet, reprise d'un cabinet existant, entrée dans un groupe : association ou société d'exercice), il y a lieu de procéder au préalable à une estimation prévisionnelle des frais sous un double aspect : budget d'installation et budget de fonctionnement.

Ce n'est qu'après l'addition de l'ensemble de ces frais que l'on pourra déterminer le montant du crédit qui sera nécessaire lorsque l'apport personnel s'avère insuffisant.

En effet, il n'y a pas d'installation sans investissement et le plus souvent d'investissement sans emprunt.

 

A. Le budget prévisionnel comporte deux éléments

I. Le budget d'installation

C'est-à-dire le plan de financement :

Il est indispensable d'établir en premier la liste de tous les besoins auxquels va correspondre l'installation.

Le plus facile est de chiffrer le coût du mobilier et du matériel ; l'évaluation de l'immobilier dépendant du type d'installation choisi, c'est-à-dire achat ou location des locaux en cas de création de cabinet et aménagement éventuel ; capital à fournir en cas de rachat de clientèle ou d'entrée dans un cabinet de groupe.

Il faut également prévoir un " déficit de démarrage " quasi-inévitable : l'activité professionnelle de départ est en effet généralement insuffisante pour couvrir la totalité des frais.

Il est ainsi nécessaire de prévoir pour les premiers temps une réserve de trésorerie.

 

II. Le budget de fonctionnement ou compte d'exploitation prévisionnel

Il faut en effet dans un second temps chiffrer :

– d'une part, les dépenses privées qui sont incompressibles : charges familiales, train de vie et impôts divers ;

– d'autre part, les frais généraux prévisionnels, en distinguant :

• tout d'abord, les frais fixes, c'est-à-dire inéluctables, tels que loyers obligatoires, primes d'assurance, remboursement de crédit...

• et par ailleurs, les frais variables, tels que le salaire du personnel employé, le véhicule utilisé et les diverses charges immobilières.

 

III. La décision à prendre

Une fois totalisés ces deux budgets et déduction faite de l'apport financier personnel, c'est le recours à l'emprunt que l'on peut alors envisager afin d'équilibrer le plan de financement.

La décision à prendre doit se situer entre deux extrêmes :

Il faut d'un côté éviter de se lancer dans des investissements élevés correspondant à des charges financières trop lourdes, sans que cela soit indispensable pour l'exercice professionnel.

À l'inverse, une estimation trop restrictive des besoins entraînant une demande de crédit réduite au strict minimum peut rendre difficiles les débuts d'exercice. Or, il est bon de prévoir une certaine marge de sécurité dans la trésorerie.

en effet l'équilibre du budget

 

IV. L'emprunt

Emprunter, c'est devoir présenter des garanties, c'est-à-dire déposer une caution ou contracter une assurance.

C'est aussi prévoir les échéances pour rembourser, non seulement le capital, mais aussi le montant des intérêts, c'est-à-dire au total la somme qui sera effectivement payée à la fin du remboursement.

La sagesse financière et la logique fiscale sont en faveur de l'emprunt puisqu'il permet la déduction des frais correspondants, ce qui en atténue le coût.

Les intérêts des crédits utilisés pour l'acquisition des biens professionnels sont en effet totalement déductibles (alors que dans le cas du paiement au comptant, il n'en est évidemment pas question).